Published On: ven, Oct 25th, 2013

LE BAISER DU FACEBOOK

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By: Ahmed Benhimabaiser640-20131004193009-640x330 - Copie-_-_

Depuis maintenant quelques années, le champ culturel marocain est  émaillé d’événements  qui surprennent et bouleversent par leur nature et par leur impact.   Ils suscitent des réactions souvent excessives et contrastées qui témoignent de notre embarras face à des mutations  culturelles que nous ne percevons pas unanimement de la même manière.  C’est le cas, notamment, de ce qu’il est convenu d’appeler  LE BAISER DU FACEBOOK, de la riposte des autorités et de la réplique massive  des jeunes dans les rues et sur les réseaux sociaux.
Cet événement, a priori banal, a soulevé des polémiques de toutes  natures : juridique, religieuse, pédagogique, sociologique et  psychologique. Et n’était-ce l’impact négatif sur les enfants concernés, cette médiatisation constituerait une opportunité pour débattre  librement et intensément  d’  un cas d’éducation.
De notre  point de vue, le baiser, à plus forte raison entre adolescents ou  mineurs, n’est  ni  un problème grave ni  un délit répressible. Il n’y a aucune commune mesure entre cet incident et  les crimes abominables que rapporte  quotidiennement  la presse et ne suscitent, paradoxalement,  aucune curiosité, aucun  intérêt.   Ce qui pose problème, par contre, c’est son exhibition. Car le baiser, dans notre culture, est un acte intime. S’il bascule dans le domaine commun, il se dégrade. Il devient une arrogance et un défi. Il devient  une offense à laquelle on oppose naturellement  une  riposte  proportionnelle à  sa gravité.
Concernant  la portée de cette faute, d’abord.  Ce malheureux  baiser de mineurs  s’est produit à Nador qui serait, selon certains témoignages, un milieu  très  conservateur. Il est  survenu, en plus,  dans un contexte national et régional  tout à fait  défavorable. En effet,  les  contestations  des valeurs  religieuses et morales de   notre société se succèdent et se multiplient. Nous citerons, à titre d’exemples, le cas de l’AMDH  qui a appelé  à  la suppression de l’article 490 du code pénal marocain qui interdit  les rapports sexuels extraconjugaux,  la grâce accordée au pédophile espagnol (rattrapée par la suite), l’appel à la rupture publique du jeûne de ramadan, les mariages d’homosexuels qui trouvent, chez nous, des  adeptes.  Enfin, un tas de faits qui  sont perçus comme des provocations qui avivent la méfiance et précipitent  des répliques, parfois,  démesurées.  C’est la conséquence normale  de l’ouverture, sans retenue, sur le monde, à la faveur des technologies de communication, qui entraîne de nouveaux modes de penser et de vivre qui séduisent les jeunes par les libertés qu’ils accordent  et irritent les moins jeunes par le relâchement moral qu’ils entraînent.
Concernant le recours, ensuite. Dans la mesure où il n’était pas possible, pour des  raisons sociales, de fermer l’œil  sur une si petite dérive, il ne restait plus  aux plaignants que le recours pédagogique ou  le recours  policier et juridique. Le premier est inutile puisque notre appareil éducatif et pédagogique est, comme chacun sait, paralysé depuis fort longtemps.  Le personnel administratif et enseignant ne se soucie plus, de nos jours, que de sa propre sécurité et n’accorde, la plupart du temps, d’importance qu’à ses propres intérêts et affaires. L’unique remède qui  subsiste  est la police et la justice et c’est vraisemblablement de cette manière qu’on en est arrivé là.

Maintenant, cette affaire est entre les mains des juges dont  nous respecterons la  sentence, par respect, par principe et par devoir.
Par ailleurs, une vidéo de l’enfant incriminé est apparue sur Facebook. Sa version des faits prouve, à l’évidence, qu’il  s’agit, pour lui, d’un jeu et non d’un défi. Il s’agit d’un jeu qui  a tourné dramatiquement, qui s’est amplifié exagérément. Ses  déclarations   sont touchantes. Il admet qu’il a commis une faute et présente des excuses à tous ceux qu’il a involontairement offensés.  Celles-ci  justifient, à notre avis, le pardon  qu’il attend et la réconciliation  qu’il espère avec son entourage.  Après tout, Mouhcine n’est qu’un enfant.

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