Published On: mar, Juin 30th, 2026

Fête du patrimoine en Doukkala

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Après une première visite guidée dans la médina d’Azemmour, suivie d’une seconde visite à la Kasbah de « Jbili » à Khmis Ksiba et Zaouia Tounsia dans la collectivité territoriale des Aounates, les passionnés du patrimoine se sont rendus, dans le cadre d’une initiative coordonnée entre l’association « Espace-Débat pour la Culture et le Patrimoine » et « l’association Cité Portugaise », samedi 20 Juin 2026 à la Kasbah de Boulaouane, un site historique chargé d’histoires, bâti par le grand Sultan Alaouite Moualy Ismail en 1710. Une belle bâtisse se trouvant dans un état déplorable, nécessitant une intervention urgente en matière de restauration.

Il convient de signaler que ces visites interviennent dans le cadre du mois du patrimoine fêté chaque année entre le 18 avril et le 18 mai.   Ladite visite a été encadrée par Nisrine Safi, conservatrice des villes d’El Jadida et Azemmour, direction provinciale de la culture.

Un programme riche et diversifié a été mis en place par une commission restreinte que je salue au passage.

La Kasbah de Boulaouane était la première étape de cette sortie après une escale au centre Had Ouled Frej. En s’approchant du site, il a été constaté que les travaux d’entretien et de réhabilitation de la route y menant allaient bon train. Une bonne initiative à mettre au compte de son porteur.

Les vestiges de ce site se trouvent dans un état lamentable comme signalé auparavant. Bien qu’il dispose d’une entrée principale avec une belle porte, les habitants des environs le traversent comme raccourci pour se rendre chez eux. Même les conducteurs d’engins, camions et autres l’utilisent comme voie de communication. Une voie de contournement, nécessitant une réhabilitation avec élargissement, pourrait éviter à la Kasbah d’être « empiétée » toute la journée. Cette solution assurerait aussi au site une entrée d’argent pouvant couvrir les charges de quelques mini-travaux : nettoyage, désherbage, engagement d’autres vigiles et autres prestations.

Le site manque d’énormément de services de proximité tels que : blocs sanitaires, restauration rapide de type snack et fast-food…

S’ensuivait la deuxième étape de cette visite : la collectivité territoriale Kouassems où les membres de la délégation avaient pris rendez-vous avec les membres de l’association des fauconniers Zaouiate Moulay Tahar Kacemi que préside Mohamed Ghazouani. Un accueil chaleureux suivi d’un échange fructueux autour de la fauconnerie, une pratique ancestrale inscrite sur la liste du patrimoine immatériel mondial de l’Unesco depuis 2010. L’absence d’une structure chargée des soins à prodiguer au faucon en cas de maladie était la question qui revenait tout le temps dans les interventions des fauconniers qui ont pris la parole. Une information fort pertinente à retenir ; le faucon élevé et dressé par les fauconniers vit plus longtemps qu’un autre vivant dans la nature.

Il a été rappelé à cette occasion que l’objectif de cette visite est d’introduire le village des fauconniers dans le circuit touristique à mettre en place. Ceci en plus de l’aide à la promotion et la préservation de ce patrimoine, une mission qui incombe à la société civile.

La visite du « musée » de Mohamed Al Athmouni était la troisième étape de ce périple touristique. Un trésor, sorte de caverne d’Ali Baba renfermant près de cinq mille articles et objets d’art, une information avancée par son propriétaire. C’est beaucoup plus un fonds d’antiquaire qu’un musée. Un espace qui pourrait faire partie dudit circuit après quelques ajustements recommandés par les muséologues et autres professionnels.

Arrivés au mausolée de Moulay Tahar Kassemi, les membres de la délégation ont suivi avec beaucoup d’intérêt les explications de Jamila Sabra, une descendante dudit saint, sur le marabout et l’école d’enseignement traditionnel adjacente. Une visite des lieux a permis de constater combien ils sont délabrés, et nécessitent un entretien urgent et en continu. L’école relève de la tutelle du ministère des habous et des affaires islamiques qui s’occupe de la couverture des « salaires » des « Fokhas » qui y enseignent et la fourniture d’alimentation pour résidents.

Au cours d’une tournée au sein de l’école, des membres de la délégation ont promis de prendre une initiative volontaire ouverte à qui elle/il le souhaite dans l’espoir d’améliorer l’état de l’établissement et des élèves qui le fréquentent.

A bon entendeur

Brahim El Kalii

Acteur associatif

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