Published On: mer, Jan 1st, 2020

Quand Manuel Rodriguez entretenait les hors-bords de la résidence royale à Oualidia

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par Mustapha Jmahri

D’origine espagnole José Rodriguez a passé son enfance à El Jadida. Il a fait sa scolarité à l’école du marché et au collège de Mazagan. Après un passage par sidi Moussa dans l’Oulja et Oualidia, sa famille quitta le Maroc en 1962. Ayant regagné la France, José a travaillé notamment pou la société Seyntex en Belgique. A notre demande, José a bien voulu témoigner sur la vie de sa famille entre El Jadida et Oualidia.

Je suis José Rodriguez, d’origine espagnole, né en 1948 à Larache, et ancien de Mazagan et Oualidia. Je vous avoue que je n’ai que de bons souvenirs du Maroc qui reste ma terre natale. Je me sens très africain malgré mon origine européenne. Mon père Manuel Rodriguez Urbano est né en 1922 à El Jadida. Il était appelé Manolo diminutif de Manuel et aussi Chico. Ma mère Remedios Rodriguez Fernandez del Rio est née en 1927 à La Línea de la Conception près de Cadix en Espagne. Elle aimait beaucoup El Jadida où  vivait une communauté espagnole importante. Il y avait également d’autres Rodriguez, dont le célèbre docteur Rodriguez, mais nous n’étions pas de la même famille, mon père étant fils unique.

Mon père a exercé différents emplois dans la province d’El Jadida. À 18 ans, il était déjà mécanicien à la CTM. Puis, comme il était bien considéré dans cette fonction et qu’il avait beaucoup d’expérience, il a ouvert son propre atelier à Sidi Moussa sur la route dite de l’Oulja puis un deuxième garage au km 32, route de Oualidia. En cas de besoin, on faisait appel à lui pour entretenir les moteurs de hors-bords de la résidence royale à Oualidia quand SM Mohammed V y séjournait. C’est ainsi qu’un jour, en accompagnant mon père, j’ai eu l’occasion de voir Moulay Hassan alors prince hériter et son frère Moulay Abdellah. Quant à ma mère Remedios Fernandez, elle cultivait des légumes qu’elle exportait vers la France sous la marque « Pepito ». Nous habitions alors sur place et nos voisins, à l’époque, étaient les familles Pillet, Papapetros et les Maucourant. Lors des weekends, mon père chassait avec ses amis de Mazagan mais, du fait que nous habitions près de la mer, mon père excellait surtout à la pêche à la canne et en particulier à la pelote. L’été nous nous retrouvions plusieurs familles sous les tentes au bord des plages à sidi Moussa ou à Oualidia pour des jeux et des parties de pêche mémorables.

Plus tard, mon père trouva un emploi stable à la municipalité d’El Jadida. Il a remplacé son compatriote Jean Gonzalez au garage municipal qui se trouvait sur la rue du Caire.

Nous avons quitté El Jadida en 1962 pour la France. J’avais à l’époque 14 ans. Mes deux frères, Charles et Antoine, sont nés à Casablanca respectivement en 1953 et 1957 et ont gardé le même attachement pour le Maroc et pour la ville d’El Jadida.

En 1998, presque une quarantaine d’années plus tard, je suis retourné à notre ancienne exploitation au km 32 et j’y ‘ai rencontré les nouveaux propriétaires, nos anciens employés, qui nous avaient acheté nos biens : la maison et 4 ha de terrain. Ces gens de cœur m’ont bien reçu et m’ont fait visiter la propriété. Une dame âgée se rappelait très bien de ma mère pour qui elle avait travaillé. Dans l’atelier, les outils étaient encore accrochés sur leur tableau. Tout était resté en l’état comme si mon père continuait de l’occuper. Le propriétaire alors  a décroché un compas pour l’offrir à mon père.

jmahrim@yahoo.f

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Displaying 1 Comments
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  1. Ingarao dit :

    Papapetros vivait avec la sœur de ma grand mère…

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