Published On: mer, Nov 2nd, 2016

G. Azemard : les meilleures brochettes à Mazagan !

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 Par Mustapha Jmahri (écrivain)-_-avec-g-azemard

 Gérard Azemard est un ancien de Mazagan-El Jadida. Né à Arzew en Algérie, il est arrivé, enfant, à El Jadida en 1946 où son père, Jean Azemard, fut embauché par M. Michelin, directeur de la Compagnie Algérienne de Crédit et de Banque jusqu’en 1955. Cette compagnie de banque française fusionna avec le Crédit du Nord. Le personnel de la banque était cosmopolite à l’image de la ville même. Il y avait au moins trois Marocains dont le caissier et un agent de confession juive. Gérard habitait avec ses parents au numéro 35 de l’avenue Clemenceau (aujourd’hui av. Mohammed Rafy) dans l’immeuble qui abritait également les familles Faraché et Vincent. Parmi leurs autres voisins, il y avait la librairie Leb qui fut, par la suite, connue comme librairie De Biazzo, l’épicier Freund, le charcutier François et l’épicier Benrhanem qui avait son magasin après les services du Cadastre à quelques mètres du marché couvert.

Et c’est dans la même avenue que Gérard fit ses études primaires à l’école du marché au temps de son directeur M. Saure puis de M. Sarda. Juste à l’Indépendance du Maroc, son père dut rentrer en France où il continua à travailler à Paris. A sa retraite, il se retira à Sète où il décéda en 1985.

Mais Gérard, qui est né en Algérie et a grandi au Maroc, aimait l’Afrique et le mode de vie africain. C’est ainsi qu’il partit en 1956 au Togo où il y resta jusqu’en 1979 pour s’installer après en Centre Afrique. Dans ces pays, il collabora avec son oncle , directeur d’une société d’import-export. La société importait des marchandises et du matériel européen et exportait du coton, cacao, arachide et autres produits similaires. Pour son travail, Gérard passa plusieurs années dans la brousse où il dirigeait un réseau d’acheteurs installés dans les villages.

Gérard Azemard avait beaucoup d’estime pour Si Mohammed Kasmi connu à El Jadida sous le nom de Cherif. Cet ancien combattant (décédé récemment à El Jadida) avait combattu pendant la Deuxième Guerre mondiale aux côtés d’un patron français avec lequel Gérard avait collaboré auparavant. Les deux hommes se côtoyaient dans la même unité.

En l’an 2000, Gérard est revenu en visite à El Jadida avec son épouse. Plein d’émotions, il s’est rappelé ce qu’était sa vie dans ce pays avec toute sa simplicité et son bon voisinage. Les belles odeurs d’autrefois lui sont revenues et c’est ainsi qu’il s’était dirigé vers souk Lekdim à la recherche de……. brochettes. Dans l’une des petites échoppes spécialisées dans ce genre de mets, il dira au cuisinier :

–          Je veux manger des brochettes avec du pain du souk.

–          C’est pour ça que je suis là, lui répondit le cuisinier. Allez chez le boucher d’en face et apportez moi des morceaux de foie et de cœur.

Ce jour-là, le cuisinier était bien content de rencontrer ce Francaoui jdidi ould Lebled et de satisfaire son désir. Gérard me raconta qu’il était ravi du repas préparé sur le charbon de bois et assaisonné de sel, de poivre et cumin. Un délice.

Gérard ajouta :

– Je vous assure, khouya Mustapha, que le goût de la viande au Maroc est exquise. Même le charbon de bois ici n’est pas le même que chez nous, il rend la grillade délicieuse…

C’est sur ce jugement de gastronome sur les brochettes mazaganaises que j’ai quitté l’ami Gérard Azemard et son épouse Simone, rencontrés à l’occasion de l’assemblée générale de l’amicale des anciens de Mazagan tenue le 25 septembre 2016 à Rosas en Catalogne espagnole.

 

jmahrim@yahoo.fr

 

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