Jacques Tavé, ancien du Service de protection des végétaux à El Jadida
Par Mustapha Jmahri (écrivain)
Jacques Tavé est né à Khouribga en 1930, d’un père qui travaillait dans les phosphates et qui mourut à 39 ans, du typhus qui sévissait à l’époque au Maroc. Jacques a exercé notamment à El Jadida et Casablanca dans la protection des végétaux qu’on appelait à l’époque « Service de la défense des végétaux ». Il est en outre marié avec Monique Rupert, une jdidie, dont le père travaillait au pénitencier de l’Adir comme comptable.
Jacques Tavé a fait toute sa carrière au service de la protection des végétaux et ce dès l’âge de 20 ans après avoir fait un stage de moniteur agricole au centre de formation d’Henri Belnoue de Fès
Pendant sept ans, soit de 1950 à 1957, l’équipe dont il dépendait intervenait sur la zone des cultures s’étendant de Casablanca jusqu’à Oualidia sur la route vers Safi, zone connue pour ses maraichages, ses vergers, ses orangeraies et ses vignes. Jacques se rendait souvent chez les agriculteurs marocains et étrangers pour les conseiller sur la meilleure façon de protéger leur culture des différents fléaux notamment des attaques de rats, de sauterelles et de moineaux.
Pour la lutte antiacridienne, l’alarme était d’abord donnée par le caïd de la tribu qui, dès la constatation de l’arrivée imminente des sauterelles, en informait le service de la protection des végétaux. Ledit service importait d’Amérique du Sud du son qui était ensuite mélangé avec le DDT et humidifié avec de l’eau. Des ouvriers marocains, embauchés pour la tâche, propageaient le produit toxique dans les champs. Le caïd collaborait aussi à l’opération par la mobilisation des gens des douars qui participaient à l’épandage de l’insecticide dans les endroits touchés ou qui risquaient de l’être.
Jacques se rappelle que certains Marocains allaient quand même vendre les sauterelles grillés malgré les risques d’intoxication.
En 1952, par exemple, le service dut affronter deux fléaux à la fois : l’invasion acridienne et celle des moineaux venus d’Espagne. Ces oiseaux arrivaient en grand nombre et faisaient des razzias formidables. Pour comble de malheur, les maigres récoltes déposées dans les matmoras (chambres souterraines) des agriculteurs étaient souvent mangées par les rats.
A son retour en France, Jacques Tavé continua à servir dans l’agriculture mais cette fois-ci en tant que professeur de lycée agricole pour enseigner aux agents de mairie et aux horticulteurs. Une fois sa retraite prise en 1991, Jacques renoua avec le Maroc et avec El Jadida en particulier en s’y rendant avec son épouse et d’autres membres de sa famille.
jmahrim@yahoo.fr
















