« vaincre sans péril et à triompher sans gloire »
BY: A. BENHIMA-_-_
Encore une fois, une armée arabe, incapable de tirer une balle sur des soldats d’occupation, attaque férocement des civils désarmés qui manifestaient contre la violation de la légitimité. Il se trouve que ces civils sont ses propres citoyens. Ceux –là mêmes qu’elle est sensée défendre, en protéger l’intégrité territoriale et à qui, elle supposée apporter soutien et secours. Aux yeux de cette armée, ces contestataires troublent dangereusement l’ordre public. Comment manifesteraient –ils contre l’illégalité et l’injustice autrement qu’en occupant les places publiques ?
Cette tuerie qui marque « le triomphe » d’une armée arabe (Cette fois, l’armée égyptienne) sur un ennemi « redoutable » suscite de nombreuses interrogations qui fusent sans ordre.
Quelle est la vocation des armées, dans nos pays arabes ?
Sont-elles condamnées indéfiniment à « vaincre sans péril et à triompher sans gloire » ?
A quoi aura servi, en Egypte, la révolution qui a tombé un tyran et rendu possible la pratique de la démocratie ?
A quoi aura servi l’organisation d’élections libres, transparentes et régulières qui ont apporté, pour la première fois, dans un pays qui n’a connu que la dictature des militaires et le simulacre ridicule de leur démocratie, un président majoritairement élu ?
Quel regard portera le monde libre sur cette boucherie?
Quelle confiance peut-on accorder à un régime qui naîtrait d’un tel carnage ?
Quel crédit peut-on désormais accorder à des élections quelconques dans notre monde arabe ?
Quelle garantie peut prétendre posséder un gagnant dans des élections données, de quelque parti qu’il soit, en dehors de l’allié des militaires ?
Aucune réponse rationnelle ne semble, aujourd’hui, possible. L’anarchie et la confusion sont, pour le moment, les maîtres mots de la situation.
El Jadida le 14/08/2013
















