Lmarikane? By : Labraimi Mustapha
On commence toujours, chaque fois que l’occasion est donnée, par rappeler nos liens d’amitié qui relèvent de l’histoire malgré l’océan qui nous sépare. En ce qui concerne un bon nombre de mes compatriotes, c’est la chanson de Hossein Slaoui qui enregistre l’événement du débarquement de tes compatriotes sur nos côtes. Depuis, la connotation «très spécial» a toujours marqué notre relation. A commencer par cette réunion où Roosevelt et Churchill se retrouvèrent et où, suite aux contacts du sultan Mohammed V, notre indépendance dans le respect de notre intégrité territoriale a été abordée à cette conférence de Casablanca qui initia celles qui vont suivre au Caire, Téhéran, Yalta et Potsdam. Comme tu le sais sûrement, le Royaume du Maroc, qui se situe à l’extrême nord ouest de l’Afrique, avait été «dès le milieu du XIXe siècle, ceinturé d’accords commerciaux et financiers entravant sa liberté» pour que son territoire soit soumis après à l’occupation européenne. Pendant cette période historique, des mesures antisémites ont été pratiquées en Europe et ont été déclarées applicables aux «pays de protectorat». Au Maroc, Mohammed V refusa l’application des lois discriminatoires à l’encontre des Marocaines et des Marocains de confession juive. Ce rappel est nécessaire pour souligner que la lutte du peuple marocain pour son émancipation du régime colonial, la réalisation de son intégrité territoriale et son adhésion à la protection des droits de la personne humaine ne datent pas du jour où certains de tes compatriotes aient lu pour la première fois la Déclaration des Droits de l’Homme et qu’ils aient pu apprendre l’existence d’un autre désert que celui de Sonora.
Il faut comprendre que l’attachement du peuple marocain à son intégrité territoriale et à ses provinces du sud-ouest atlantique ne relève pas de la même logique qui a animé tes compatriotes lors de la Conquête de l’Ouest et dont s’inspirent nos voisins et néanmoins cousins. Le Sahara occidental constitue le craton autour duquel s’est développée l’histoire de la nation marocaine. Jamais cette noble terre n’a été «terra nullius» comme cela fut prononcée solennellement par la Cour Internationale de Justice. Le Polisario n’a jamais été et n’est pas un mouvement de libération. Il a été créé en 1973 alors que le Maroc, fort de son droit, se confrontait avec les tergiversations de l’occupant espagnol et œuvrait diplomatiquement et par la non-violence à récupérer son territoire spolié. Le Polisario ne fit parler de lui qu’après avoir été adopté par l’Algérie de Boumediene et la Lybie de Kadhafi qui lui fournirent pétrodollars, armement et soutien. Actuellement, c’est dans les camps de la honte situés à Tindouf, en Algérie, que ce mouvement se corrompe par sa soumission aux services algériens et se nourrit de l’aide humanitaire alors que bon nombre de ses cadres fondateurs et dirigeants ou simples personnes ont regagné leur patrie, celle de leurs ancêtres et de leurs enfants pour participer, dans la sérénité et par la démocratie, à l’édification d’un État national moderne
et démocratique. Après cet abstract de l’événement qui semble retenir l’attention de certains de tes compatriotes, il faut croire que leur business politique n’a pu rester indifférent aux chants de la sirène algéroise dont les pétrodollars sont largement distribués pour fléchir leur action au profit de ses thèses. Ainsi, ne pouvant souffrir «l’offre sérieuse et crédible» que constitue le plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara occidental, la régionalisation avancée prescrite dans la constitution du Royaume et autres acquis démocratiques, on en vint à vouloir dénaturer la mission de la MINURSO ! Le peuple marocain, dans son ensemble, ne peut comprendre ce comportement ambigu et versatile. Il le rejette. Il luttera par tous les moyens dont il dispose pour consolider son intégrité territoriale, son indépendance et sa souveraineté. Que Dieu le préserve de ses «amis» car, de ses ennemis il s’en occupe.
















