Visite de Hollande au Maroc : « Les Français du Maroc ne sont pas des exilés fiscaux » [Interview]
François Hollande, arrivé à Casablanca, en début d’après midi, va rencontrer la communauté française à l’étranger en début de soirée, au lycée Lyautey. Nous avons pu joindre Bérangère El Ambassi, élue en 2009 à l’Assemblée des français de l’étranger, socialiste, membre du groupe français du monde, quelques minutes avant qu’elle n’entre dans la salle. Elle souhaite que le président et le gouvernement prennent conscience que les Français de l’étranger ne sont pas des nantis ou des éxilés fiscaux.
Yabiladi : François Hollande a remporté 55,13% des voix des Français du Maroc, lors de son élection, contre 51,62% des suffrages de tous les Français. Qu’attendez vous de la visite de Hollande au Maroc aujourd’hui et demain ?
Bérangère El Anbassi : Je souhaite qu’il y ait une prise de conscience du président et du gouvernement que les Français du Maroc sont loin d’être des nantis et des exilés fiscaux. Beaucoup ont même des difficultés économiques. C’est un point important à prendre en compte pour pouvoir les aider. En tant qu’élue des Français de l’étranger pour le groupe Français du monde, j’ai écrit une lettre au président où je souligne, notamment, la cherté des cotisations sociales à la caisse des Français de l’étranger qui empêche certains d’y accéder. Je lui ai aussi indiqué plusieurs points pour comme l’application de la convention de sécurité sociale entre la France et le Maroc, les difficultés rencontrées par les étudiants en arrivant en France …
Vous êtes socialiste ; en un peu moins d’un an de mandat, qu’est ce que le nouveau gouvernement a fait pour la communauté française du Maroc ?
La première mesure a été adoptée dès juillet 2012 : l’annulation de la gratuité de la scolarité pour les lycéens français à l’étranger. Cette mesure [réalisation phare de Nicolas Sarkozy, pendant son mandat en direction des Français de l’étranger, ndlr] était injuste car elle ne prenait pas en compte le niveau de revenu des parents. Les bourses scolaires ont également été réformées pour une meilleure répartition du budget. On prend désormais en compte le quotient familial réel des familles françaises.
Les décisions sont prises, mais les deux mesures sont-elles appliquées à l’heure actuelle ?
La première est active depuis la rentrée 2012-2013. Le budget qui était consacré à la prise en charge de ces frais de scolarité a été récupéré et a permis d’abonder le budget des bourses scolaires sur critères sociaux. Les critères d’attribution des bourses ont bien été changés, ils permettent d’ores et déjà de trier les demandes de bourses pour l’année scolaire 2013-2014.
D’autres réformes sont-elles en cour qui concernent les Français du Maroc ?
La réforme de la représentation de l’Assemblée des français de l’étranger (AFE) est débattu devant l’assemblée pour une plus grande proximité entre les consulats et leurs administrés. Les Français de l’étranger pourront élire, pour chaque consulat, un conseil consulaire. Le consul en sera le président nommé. Les Français inscrits dans le consulat pourront élire ces conseillers consulaires, un peu comme un conseil municipal.
Yabiladi.com















