Published On: mer, Fév 13th, 2013

Chahrazade By : Mustapha Labraimi

Share This
Tags
Qui d’entre nous ne connait pas Chahrazade dont le bagou, pendant mille et une nuits, va la préserver de la mort, mettre au monde deux jumeaux et calmer l’ire de son époux. Si grâce à son stratagème de ne jamais terminer un conte, elle est arrivée à son but, elle a surtout usé de pédagogie, d’ouverture d’esprit et de bon sens pour que chaque histoire puisse captiver son époux et l’amener à prendre la résolution de la laisser en vie. Pourrait-on s’en inspirer pour que le processus démocratique que connaît notre pays, son effort de développement et la transformation de notre société, par l’équitébraimi et la justice sociale, puissent chaque jour s’affirmer davantage.
De la pédagogie, on en manque aussi bien sur les bancs de l’école que dans la vie quotidienne. Il faut le dire, l’ensemble des Marocains ne s’est pas encore approprié l’évolution, aussi bien sur le fond que sur la forme, de la gestion des affaires publiques et encore moins les possibilités offertes par la constitution. Si nul ne peut nier l’existence de dysfonctionnements, de comportements aberrants, voire scandaleux, dans la vie de tous les jours, il reste que le pays a connu des avancées démocratiques reconnues par tous. Mais, comme pour notre école, les Marocains ont besoin de «cours de soutien» pour être au fait des devoirs qu’ils doivent assumer et des droits qui leur reviennent. Certains vont même jusqu’à enterrer le projet sociétal du «mouvement progressiste» dans son ensemble sans pour autant ébaucher une autocritique ou, au moins, présenter une alternative. La transformation de nos partis politiques «par la force des urnes» a certainement provoqué déceptions et ressentiments, surtout auprès d’une génération formée dans les assemblées générales et les congrès de l’UNEM, de l’UNIM, de l’UEM et autres organisations de masse ? Faut-il pour autant prétendre à «la fin de l’histoire» et enterrer le projet de l’édification de l’Etat national démocratique et moderne dans notre pays? On ne peut le croire.
De l’ouverture d’esprit, on en manque aussi bien pour s’adapter aux nouvelles conditions de l’action politique au Maroc que pour consolider le champ politique marocain et le stabiliser sur des bases inébranlables. Si toute atteinte aux fondamentaux de notre nation ne peut que fragiliser la solidarité nationale et la stabilité nécessaire à l’épanouissement de notre peuple, la fragilisation des partis politiques ne peut rester sans avoir une répercussion sur la crédibilité de l’ensemble du processus démocratique et sur l’encadrement des populations. L’activité ministérielle, aussi excellente soit-elle, ne peut suffire à elle seule pour améliorer le degré de conscience politique des masses populaires et des organisations qui les encadrent. L’activité de représentation, à tous les niveaux, ne peut se limiter à des joutes oratoires entre personnes bien avisées sans aborder les problèmes du vécu et les solutions qu’ils imposent. Il est nécessaire que le peuple marocain vive les bienfaits du «jeu démocratique» et non qu’il soit contraint de l’adopter par défaut en regardant ce qui se passe ailleurs.
Du bon sens, on en a tellement que personne ne fait attention à sa perdition. C’est par lui qu’il fait «bon vivre» aussi bien sur la corniche de Casablanca que sur celle de Sidi Moussa à Salé et dans d’autres contrées du Maroc. Son gaspillage s’accompagne avec l’installation de la médiocrité, l’acceptation du non droit, l’intolérance, l’individualisme et autres maux qui gangrènent de plus en plus la société marocaine en transformation. Est-ce pour cela que l’agence Moody’s a abaissé la note souveraine du Maroc ou sa décision est-elle plutôt en relation avec «la détérioration significative des données fiscales du gouvernement, comme le reflète l’augmentation du déficit budgétaire»? Le bon sens de chez nous voudrait que Moody’s aide le Maroc pour que ses emprunts ne lui reviennent pas plus cher, au lieu d’enfoncer le clou pour son profit et celui de ses maîtres.
L’incitation à faire mieux est un devoir car notre pays n’a aucun intérêt à «s’endormir sur ses positions» et comme Chahrazade, volontaire et déterminé dans sa dynamique, il vivra dans le bonheur.

About the Author

-

laissez un commentaire

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>