Published On: mar, Août 7th, 2012

Ramadan Karim ! (par : Labraimi Mustapha )

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Le politique et le religieux s’imbriquent finement dans notre pays. Cette relation s’exprime clairement dans la vie de tous les jours comme dans nos institutions. Le mois de Ramadan constitue une période où les Marocains s’adonnent ostensiblement à la pratique religieuse sans que celle-ci puisse marquer leur comportement, allant parfois à l’encontre des préceptes préconisés en ce mois du jeûne. Après l’abstinence du jour, la prodigalité de la nuit conduit parfois à tous les excès. Les Marocains ont toujours pratiqué le ramadan sans austérité. On peut même dire que l’aspect festif n’est aucunement occulté pendant le Ramadan. Les Marocaines et les Marocains cherchent à partager beaucoup plus pendant ce mois que pendant les autres. On partage ce que l’on peut et ce que l’on doit; et la convivialité est de mise. S’il est notoire que le manque conduit certains à manifester leur «tramdina» par une nervosité exagérée et condamnable; dans le cas de l’alcoolisme, son bénéfice se retentit sur la santé publique comme il peut s’avérer une bonne approche contre le tabagisme.

La question subsidiaire à ce constat concerne la perméabilité du Marocain au changement de sa pratique religieuse. Peut-elle connaître une évolution radicale et quelles conséquences cela peut-il avoir sur le politique ? Jusqu’à quel point le Marocain peut être marqué par cet effort remarquable de la « da3oa » à retrouver les fondements de sa religion et à vouloir la pratiquer comme ceux qui l’ont précédé dans la foi, devenir un salafiste. Cette volonté, quand elle existe, a-telle la possibilité de s’épanouir massivement ou est ce que le champ religieux au Maroc est balisé par «ahl al 7all oual 3a9d» pour canaliser cette tendance identitaire ascendante ?

La consolidation du processus démocratique dans notre pays, son développement imposent la réflexion à ce sujet. Car, le développement comme le définit Aziz Belal est «un processus cumulatif socialement maîtrisé et continu de croissance des forces productives, englobant l’ensemble de l’économie et de la population, à la suite de mutations structurelles profondes permettant la mise à jour de forces et de mécanismes internes d’accumulation et de progrès ». L’encadrement politique et la participation active des citoyens, dans leur très grande majorité, concourent à édifier cet Etat national, démocratique et moderne auquel le peuple marocain aspire. Il reste que l’Etat ne peut assumer pleinement et efficacement sa responsabilité principale de développement économique, comme le souligne le regretté Aziz Belal, «que dans la mesure où il représente réellement les intérêts de la majorité de la population, notamment de ses couches les plus déshéritées, et non pas les intérêts d’une minorité privilégiée qui craindrait de mettre en mouvement des forces sociales qu’elle ne pourrait plus contrôler, ou de procéder aux changements qui porteraient atteinte à ses privilèges».

Dans cette dynamique où le profane se mêle au sacré, l’équilibre constitue l’intelligence. Cet équilibre dynamique trouve sa force et son énergie dans la constitution, qui précise dans ses articles 41 et 42, que le Roi, Amir Al Mouminin, «veille au respect de l’Islam. Il est le Garant du libre exercice des cultes».  Il est «Chef de l’Etat, son Représentant suprême, Symbole de l’unité de la Nation, Garant de la pérennité et de la continuité de l’Etat et Arbitre suprême entre ses institutions, veille au respect de la Constitution, au bon fonctionnement des institutions constitutionnelles, à la protection du choix démocratique et des droits et libertés des citoyennes et des citoyens, et des collectivités, et au respect des engagements internationaux du Royaume. Il est le Garant de l’indépendance du Royaume et de son intégrité territoriale dans ses frontières authentiques». Il s’alimente par le consensus du peuple marocain à poursuivre les réformes structurelles par lesquelles il aspire à développer «une société solidaire où tous jouissent de la sécurité, de la liberté, de l’égalité des chances, du respect de leur dignité et de la justice sociale, dans le cadre du principe de corrélation entre les droits et les devoirs de la citoyenneté».Ramadan karim

 

 

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