Institut français d’El Jadida : Programmation Avril 2013
Cinéma : Mobile Home
De François Pirot
Avec Arthur Dupont, Guillaume Gouix, Jean-Paul Bonnaire
Comédie dramatique, 1h35, 2012, France, Belgique
Jeudi 11 avril à 19h, salle du parc
Adulte 20 dh / étudiant et inscrit cours de langue et médiathèque 15 dh
Simon a quitté son travail et son amie en ville pour rentrer dans son village natal où vivent ses parents retraités. Il y retrouve Julien, son copain d’enfance, lequel vit avec son père qui se relève d’une grave maladie.
Un soir, sur un coup de tête, ces deux trentenaires décident de réaliser un rêve d’adolescence: partir à l’aventure sur les routes. Ils achètent un camping-car, et se lancent dans leur projet avec enthousiasme, mais une panne les retarde. Qu’à cela ne tienne, ils commenceront leur voyage… sur place.
Cette première étape qui s’éternise, les petits boulots qu’ils doivent trouver pour survivre et les rencontres qui s’ensuivent leur ouvrent d’autres perspectives sur leurs désirs réels et sur cet avenir qu’ils ont, un peu vite, rêvé…
Exposition
Rapt de voix de Mohammed Berrada
Une exposition concernant plusieurs toiles, à multiples techniques, et où l’artiste s’exprime « à chaud » et à sa façon sur l’actualité et sur les changements qui y ont trait. Univers presque chaotique, fait de revendications et de révolte, au sein d’un monde arabe plus assoiffé de liberté que jamais.
Jadis il était surtout connu pour ses portraits au langage dominé par le désarroi et la mélancolie et pour sa peinture où les âmes semblaient en peine, se cherchant dans le labyrinthe d’un monde absurde devenu leur quotidien par la force des choses. Mais son expression est toujours restée sans équivoque : la perfection de son art.
Aujourd’hui, Mohamed Berrada nous surprend avec un style tout à fait inédit et sur un thème totalement différent, actualité oblige, le printemps arabe.
Dans une culture arabe où la quête du sens est un moteur et un aboutissement en soi, les toiles de Berrada peuvent être déroutantes, de prime abord, car ce sens tant recherché est décliné en une multitude de fractions de sens autonomes. Chaque toile devient, ainsi, un déluge de sens. Chacune en est l’image d’un sens délirant, éparpillé dans toutes les directions, pour un « non sens » imaginaire.
Ces toiles n’acceptent ni jugements lucides, ni analyses à tête reposée, car elles sont le produit d’une peinture de spontanéité et d’action, ayant la particularité de vous happer et vous envoûter dés l’instant précis où votre regard les croise.
Et c’est ce premier impact, cette impression première, bien avant que votre esprit ne se mette à penser, cogiter et à retrouver toute l’étendue de sa lucidité pour juger, qu’il faudra chercher ce « sens : cette clé de sésame ».
Nous vivons tous dans un univers, devenu une sorte de réseau de communication en tous genres. Aucune frontière n’est réelle, toutes ne sont que virtuelles et les toiles de l’artiste ne dérogent pas à cette règle. Toutes ces lignes, qui traversent la toile dans tous les sens, nous laissent une certaine impression qui n’est, au final, que l’expression subjective de chaque être et ce n’est que l’ensemble de tous ces sens subis et suggérés, une fois mis bout à bout sur une toile, qui finit par donner le plein sens.
Chaque toile est faite de données, de suggestions et de bribes éparses mais autonomes. Chaque bribe est là, avec ses couleurs, sa façon d’ « être » prête à vous défier, à vous narguer et à vous proposer un jeu selon ses règles, pour mieux se déjouer de vous ; à vous conduire en visite guidée, vers une autre partie de la toile, une autre partie du puzzle ou elle finit allègrement par s’imbriquer et se lier.
Chaque toile n’est que la suite d’une précédente. Aucune n’est une fin en soi. Chacune s’inspire des unes pour susciter les autres. Tout est relié. L’unité dans la diversité. Le royaume du « tout ou rien ».
Selon Berrada, « … les adultes que nous sommes ont perdu cette richesse qui leur permettait d’embrasser les détails éparpillés en un acte immédiat et unique de compréhension … cette réflexion m’a conduit à chercher une peinture dont la structure suggère un univers duquel l’architecture pourrait rejoindre le mode de fonctionnement de la pensée.
C’est pour cela que l’artiste ne doit, forcément, pas avoir un style précis. Il doit rester en une perpétuelle quête de nouveauté, sans abdiquer devant les « frontières » et sans se restreindre à un style en particulier.
J’étais proche de l’impressionnisme, mais après plusieurs recherches, je me retrouve à l’heure qu’il est dans l’art abstrait. Le thème de mon exposition actuelle a aussi joué un rôle dans ce sens. Il demande plus de spontanéité au travail. Ma source d’inspiration, le printemps arabe, s’est transformé par la suite en hiver islamiste, parfois extrémiste, ce qui peut menacer les valeurs humaines et la liberté individuelle. Je ne suis contre, ni les mouvements islamistes, ni salafistes ou autres, mais contre toute forme d’extrémisme. Et c’est à cause de ce phénomène nouveau, que j’estime préférable d’attendre encore la fin de cette révolution pour lui donner un titre définitif. »
L’artiste Mohammed Berrada, possède une technique hallucinatoire, démentielle, au coup de pinceau surnaturel où les couleurs s’enchevêtrent avec une dextérité ensorcelante, tout en accentuant la pensée d’une apothéose cataclysmique : celle du bien contre celle du mal ; celle de la lumière divine contre celles des ténèbres, de la tristesse, des déboires et de toutes sortes de désillusions sur le sort et sur la vie.
Mohamed Berrada est à la fois artiste peintre, professeur d’arts plastiques et président de l’association des arts plastiques « mass’art ».
Né à El Jadida, mais vivant et travaillant à Agadir, ce jeune artiste à réussi merveilleusement à assortir le rouge des coquelicots, la verdure des champs, le saumon des citrouilles, le bleu-azur de l’océan…de son doukkala natal, à l’ocre du sud du royaume. Et c’est à travers la beauté de ces couleurs, que jaillit toute sa sensibilité, son amour et son émotion.
Cinéma : Le cochon de Gaza
De Sylvain Estibal
Avec Sasson Gabai, Baya Belal, Khalifa Natour
Comédie, 1h39, 2011, France, Belgique, Allemagne
Jeudi 18 avril, à 19h, salle du parc
Adulte 20 dh / étudiant et inscrit cours de langue et médiathèque 15 dh
Après une tempête, Jafaar, un pêcheur palestinien de Gaza, remonte par hasard dans ses filets un cochon tombé d’un cargo. Bien décidé a se débarrasser de cet animal impur, il décide toutefois d’essayer de le vendre afin d’améliorer son existence misérable. Le pauvre Jafaar se lance alors dans un commerce rocambolesque et bien peu recommandable…
Dans cette tragi-comédie, l’ensemble du petit peuple de Gaza, coincé entre sa misère absolue au quotidien, les contraintes des militaires Israéliens et le diktat des barbus aux commandes, est représenté par ce pauvre pêcheur dont l’unique souci est de survivre au jour le jour et qui, pour cela, est prêt a tout. Jafaar, dans une permanente dérision de lui-même, même dans les moments tragiques, évolue dans cette histoire a l’humour mordant… et nous laissera espérer que si l’on peut s’entendre, malgré toutes les différences, à l’échelle individuelle, on peut s’entendre in fine, à l’échelle collective.
Rencontre littéraire : Etienne Schréder
Dans le cadre du français dans tous ses états
Vendredi 19 avril à 10h30 à l’Université Chouaib Doukkali, El Jadida
Auteur de bandes dessinées
Né à Bruxelles en 1950 Etienne Schréder est venu à la bande dessinée après des études en Droit et Criminologie ;
En 1989, il publie ses premiers récits en noir et blanc dans le magazine de bandes dessinées. Etienne Schréder quitte alors le domaine social dans lequel il travaillait pour vivre exclusivement de sa plume et de son crayon.
Il participe à l’élaboration graphique du film « Taxandria » de Raoul Servais, publie plusieurs albums chez divers éditeurs dont « Le Secret de Coïmbra » paru chez Arboris, « Loups » chez le même éditeur en 1995, « La Couronne en papier doré » chez Casterman en 1998, « Les Architectes du temps » chez Ebel… Etienne Schréder réalise également des story board pour le cinéma et participe à la création de jeux vidéo.
En 2008, il raconte dans « Amères saisons », une bande dessinée autobiographique, une tranche difficile de sa vie.
Derniers ouvrages
Le Crocodile enchaîné, Audoin, 2001
Le vol d’Icare, Glénat coll Carrément BD, 2003
Ecce Homo, Glénat, 2004 (avec Jean-Marc Dubois)
Mary, par une nuit de novembre, Glénat coll. Carrément BD, 2005
Amères Saisons, Casterman, 2008
La rose des gueux, 2010
Cinéma : Rengaine
De Rachid Djaïdani
Avec Slimane Dazi, Sabrina Hamida, Stephane Soo Mongo
Comédie dramatique, 1h15, 2012, France
Jeudi 25 avril, à 19h, salle du parc
Adulte 20 dh / étudiant et inscrit cours de langue et médiathèque 15 dh
Paris, aujourd’hui. Dorcy, jeune Noir chrétien, veut épouser Sabrina, une jeune Maghrébine. Cela serait si simple si Sabrina n’avait pas quarante frères et que ce mariage plein d’insouciance ne venait cristalliser un tabou encore bien ancré dans les mentalités de ces deux communautés : pas de mariage entre Noirs et Arabes. Slimane le grand frère, gardien des traditions, va s’opposer par tous les moyens à cette union…
Café littéraire : Mustapha Jmhari
Vendredi 26 avril à 19h à l’Institut français
Rencontre animée par Abdelali Errehouni
À l’ombre d’El Jadida, souvenirs et témoignage est l’autobiographie de l’écrivain marocain Mustapha Jmahri, parue en fin 2012 chez L’Harmattan, dans la collection « Graveurs de mémoire ».
Le récit débute chronologiquement avec la période de l’enfance au quartier de l’Oasis à Casablanca à la fin du Protectorat, puis le retour des parents vers leur ville d’origine El Jadida, l’installation dans la ferme familiale, la vie à l’internat d’un lycée casablancais, le passage à l’université, l’expérience journalistique à la Radio Télévision Marocaine, le nouveau retour à El Jadida pour une carrière dans la communication, le projet éditorial « Les cahiers d’El Jadida » et enfin la rencontre avec Fouad Laroui et Guy Delanoë.
Ces chroniques sont étroitement liées aux lieux où sont nés les souvenirs. La dimension historique y est omniprésente dans la mesure où l’auteur décrit la vie d’un enfant issu d’une famille modeste à la fin du Protectorat français sur le Maroc.
C’est aussi un livre de rencontres et de découvertes d’éminentes personnalités comme Raymond Aubrac, Paul Pascon, Salem Yafout, Guy Delanoë, Guy Martinet et d’autres personnages moins connus du grand public mais qui ont tous eu une certaine influence sur l’auteur.
Diplômé des études supérieures de journalisme, Mustapha Jmahri, ancien reporter à la RTM est membre de l’Union des Ecrivains du Maroc et délégué Maroc de l’Amicale des anciens de Mazagan.
Mustapha Jmahri est aussi écrivain–éditeur des « cahiers d’El Jadida », série de publications initiées par l’auteur pour faire connaître l’histoire contemporaine de sa ville dans sa dimension plurielle et cosmopolite. Lancés depuis 1993, « Les cahiers d’El Jadida » ont aujourd’hui, avec la sortie prochaine du 14ème numéro, plus de vingt d’existence et ont pu donc comblé un vide éditorial important surtout autour de certains thèmes touchant à la mémoire commune.
Mustapha Jmahri a été le premier à traiter certains aspects de l’histoire locale tels la présence diplomatique étrangère dans la ville, la composante juive à El Jadida et le témoignage oral sur le Protectorat français.
Bibliographie
Chroniques secrètes su Mazagan-El Jadida : 2010, Les cahier d’El Jadida
Les cahiers d’El Jadida l’histoire en partage : 2010, Les cahier d’El Jadida
Mazagan – El Jadida deux siècles d’histoire consulaire : 2011, Les cahiers d’El Jadida
Mazagan patrimoine mondiale de l’humanité : 2012, Les cahier d’El Jadida
Une vie de colon à Mazagan : 2012, Les cahier d’El Jadida
El Jadida mémoire plurielle : 2012, Union des écrivains du Maroc
À l’ombre d’El Jadida, souvenirs et témoignage de Mustapha Jmahri, édition L’Harmattan, 2012
Café littéraire coorganisé avec l’Union des écrivains section d’El Jadida
Café littéraire : Mahi Binebine
Vendredi 3 mai à 19h, Institut français
Rencontre animée par Abdelali Errehouni
Né en 1959, à Marrakech, Mahi Binebine est peintre, sculpteur et écrivain.
Il s’installe à Paris en 1980 pour y poursuivre ses études de mathématiques qu’il enseigne pendant huit ans.
Puis il se consacre à l’écriture et à la peinture. Il écrit plusieurs romans traduits en une dizaine de langues. Il habite à New York de 1994 à 1999. Ses peintures font partie de la collection permanente du musée Solomon R. Guggenheim de New York. Il revient à Marrakech en 2002. Peintre et écrivain, Mahi Binebine partage son temps depuis une vingtaine d’années entre la France, le Maroc et les États-Unis.
Son premier roman, Le Sommeil de l’esclave (Stock, 1992), a obtenu le prix Méditerranée. Ses trois derniers ouvrages, Cannibales (1999), Pollens (2001, prix de l’amitié franco-arabe) et Terre d’ombre brûlée (2004) sont parus chez Fayard et ont été traduits en plusieurs langues.
En 2010, il reçoit le prix du Roman arabe pour Les Étoiles de Sidi Moumen*.
Il est lauréat, dans le secteur de la culture, du Trophée de la Diplomatie publique, remis à Rabat en novembre 2011, pour sa contribution au rayonnement du Maroc à l’étranger.
Le seigneur vous le rendra, édition Fayard, 2013
Un bébé est empêché de grandir, un enfant est privé d’éducation, de liberté, il ne pourra devenir un individu capable de réfléchir et de se développer, d’agir en être libre. Surnommé « P’tit pain », il va traverser des années noires où, dans sa position passive de mendiant, il peut observer les agissements des adultes, leur violence, leur corruption. Tout est dit ici dans la litote, mettant en relief les beautés d’âmes apparemment détruites, les corps saccagés, les visages noyés dans l’alcool et la maladie. L’enfant grandit néanmoins grâce au miracle de la vie, toujours imprévisible, et se défait de ses liens que l’on pourrait nommer ignorance, peur, sujétion. Libéré, il devient autonome et conscient. Pourra-t-il revoir un jour sa mère qui a pratiqué envers lui le non-amour jusqu’à l’abjection ?
Dans ce roman noir s’il en est, mais imprégné d’une folle espérance, d’une foi exacerbée dans les capacités de rémission de l’homme, Mahi Binebine utilise le ton du conte picaresque et philosophique pour réduire la part tragique, toujours présente, dans ces pages déchargées de la noirceur absolue par la permanence de l’humour, du sourire derrière les larmes retenues.
* Le livre « Les étoiles de Sidi Moumen » a été adapté au cinéma par Nabil Ayouch, sous le titre « les chevaux de Dieu » que nous présentons jeudi 6 juin à 19h.
















