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Davos est une ville en Suisse comme Azemmour est une ville du Maroc. La différence entre les deux agglomérations réside dans le fait que Davos est connue pour accueillir le Forum économique mondial où les décideurs de ce monde se rencontrent pour se voir et se raconter des vertes et des pas mûres sur l’état de la planète, de son économie et de son avenir.
Cette année, la rencontre a été marquée par l’annonce de la sortie de la crise. L’optimisme déclaré des uns se répand comme feu sur paille et devient ainsi le mot d’ordre de l’ensemble des présents qui pendant cinq jours ont rendez-vous, conférences et gueuletons mondains. Pour l’économie de Davos, il est certain que ce moussem rapporte. Il reste à voir si, au cours de cette année, l’économie mondiale trouvera son compte dans les oracles des Alpes suisses?
Les tenants de la périodicité des crises dans les théories économiques pourront ajouter 2013 dans leurs séries et déterminer ainsi sa place dans ce «retour périodique des crises commerciales qui met en cause à chaque fois de façon plus menaçante l’ensemble de la société bourgeoise» comme cela est évoqué par Marx et Engels dans le Manifeste Communiste. D’autres pourront se dire que le bout du tunnel approche et qu’il faudrait seulement résister pour s’en sortir. Capacité de s’en sortir ou conservatisme rétrograde et réactionnaire. L’adage qui préconise «que celui qui n’avance pas recule» est à ce propos particulièrement approprié qu’il suffit de comparer Davos à Azemmour pour comprendre l’évolution des situations. On peut rester dans l’histoire et dans l’imaginaire comme étant «la ville d’Azemmour du temps où Fès n’était qu’un village» ; mais rien ne changera si l’on ne se préoccupe pas de changer. Autrement dit, il ne faut pas attendre le changement mais le provoquer dans une dynamique telle que la situation du pire soit dépassée.
Il faut donc aller de l’avant, continuer les réformes ; continuer à s’adapter à un monde toujours plus concurrentiel et complexe. C’est ce qui a été entrepris à Davos et c’est ce qui a manqué à Azemmour malgré la situation exceptionnelle dont elle se prévalait dan sa région.
Aller de l’avant ne veut pas dire «fuite en avant» car la réalité rattrape toujours celles et ceux qui s’en détachent. Le progrès de la communication est tel que l’information circule presque en temps réel. Les modes de vie sont véhiculées par les séries télévisées et la comparaison s’impose d’elle-même. Il faudrait donc initier et promouvoir le changement sur des bases solides, consensuelles et participatives. L’appropriation de tout un chacun d’être autrement est nécessaire pour l’aboutissement du changement. Réalises ce que tu entreprends convenablement et tu seras méritant selon le bon sens populaire. Entre autres, on ne peut se satisfaire d’avoir dépassé «les années de plomb» seulement par les travaux de l’Instance équité et réconciliation, encore faut-il que cela ne se reproduise plus. On ne peut se suffire de la déclaration du Chef du Gouvernement sur «la mise en œuvre d’une approche du développement en milieu rural élaborée dans le cadre d’une politique publique intégrée de développement rural au service des régions et de leurs besoins» au moment où le Plan vert est déjà mis en œuvre!
Continuer les réformes ne signifie aucunement accentuer la libéralisation de toute l’activité économique et faire supporter aux masses populaires les déficits des caisses dont l’objet sont la solidarité nationale et le renforcement de la cohésion sociale. Il s’agit d’entreprendre une démarche globale et cohérente, rassembleuse et mobilisatrice, juste et efficace, urgente et durable pour transformer la société marocaine dans son ensemble vers la modernité, dans le progrès et le respect de ses fondamentaux. Qu’il s’agisse de l’éducation, de la caisse de compensation, de la retraite, de la santé, du logement, de la qualification de l’équipe nationale de foot, du code de la route, des élections locales et autres questions, ayons l’intelligence de trouver notre propre voie et n’oublions jamais que nous sommes comme Paolo Coelho qui affirmait «Je suis très pauvre, je ne peux pas m’acheter la matière première qui a le plus de valeur… le temps !».
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