Published On: ven, Fév 6th, 2026

Le Rharb se noie, les plages se dénudent… Il pleut des cordes.

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Par Mustapha Labraymi—
Autant par sa pénurie que par son abondance ;l’eau, ressource nécessaire à la vie, constitue un risque majeur pour l’environnement et pour la population qui l’occupe.

Après des années de sécheresse, le royaume connaît un épisode pluvieux exceptionnel qui se traduit par des inondations notamment dans la plaine du Rharb. L’Etat assume et se mobilise entièrement pour que cette catastrophe ne soit pas identique à celle provoquée par Oued Chaâba à Safi, il y a quelques temps.

Toutes les agglomérations et habitations qui se situent dans la zone de risque sont évacuées. La sécurité des biens et des personnes est assurée. La population est prise en charge laissant derrière elle une ville fantôme. Ksar El Kébir était menacée par le sort du barrage situé à son amont sur Oued al Makhazine et par les précipitations qui ne cessaient pas. L’impact de ces pluies se retrouve aussi dans le bassin du Sebou, limitrophe du bassin du Loukkos, où la montée des eaux dans certaines zones a conduit à l’évacuation préventive des habitants.

Si en cette occasion, la vigilance et la mobilisation sont permanentes dans l’ensemble du royaume ; il reste que certaines recommandations contenues dans un rapport de la Cour des Comptes, édité en avril 2016, concernant « l’évaluation de la gestion des catastrophes naturelles » méritent d’être prises en compte par l’ensemble des intéressés pour que l’on soit « suffisamment apte à faire face à des situations d’urgence ».

Sur la zone littorale ; les fortes houles, induites par des vents forts, conjuguées à des marées hautes importantes, ont provoquées des dégâts graves dans les corniches aménagées au bord de la mer. De même, elles ont déplacé des millions de mètres cubes de sable le long des plages dont l’érosion a produit un recul important.

Ce forçage, ajouté à des débits fluviatiles conséquents, a permis l’ouverture des embouchures ensablées, redonnant une dynamique estuarienne à des zones comblées par l’ensablement. Pour l’anecdote, ces évènements ont coïncidé avec la célébration de la « Journée mondiale des zones humides ». La nature a commis ce que l’Etat n’a pas voulu entreprendre pour les embouchures de l’Oum er Rbia et de la Moulouya dont la fixation artificielle s’impose pour préserver le système hydrique local et le déplacement de l’eau de la partie terrestre à la partie marine.

Combien de plages, accumulation de sables au bord de la mer, se sont transformées en grèves, accumulation de galets au bord de la mer ; comme pour manifester la solidarité avec les enseignants et les étudiants contre la loi contestée 54-29, les avocats pour préserver la dignité de leur profession, les femmes pour le respect de leurs droits, les jeunes pour s’assurer d’un emploi et l’ensemble de la population pour une vie digne et un pouvoir d’achat dont l’érosion certaine élargit la pauvreté et l’exclusion dans notre société.

Y aura-t-il un écho de ces manifestations du mouvement social au sein du congrès extraordinaire qui se tiendra très prochainement au Centre Mohammed VI des expositions, à quelques kilomètres de l’oued Felfel qui menace d’inondation El Jadida ?

En ces temps où le froid s’installe, où le Rharb se noie, où les plages se dénudent…et oùil pleut des cordes ; la consolidation du processus démocratique au royaume reste une revendication légitime, une réalisation nécessaire à l’émergence du royaume dans un monde incertain et instable.

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