Moulay Abdellah Ait Amghar, un moussem qui laisse à désirer
Le Moussem Moulay Abdellah Ait Amghar, situé à une dizaine de kilomètres au sud de la ville d’El Jadida dans la commune territoriale du même nom, est considéré comme étant le plus grand moussem au niveau du
Maroc de par le nombre de ses visiteurs qui augmente d’année en année.
Les organisateurs de ce moussem, ont avancé lors de la conférence de presse pour présenter le programme de cette année 2025, en la personne du président de ladite collectivité, qu’ils s’attendaient à cinq millions de visiteurs, un chiffre considéré exagéré et difficile à vérifier.
Il va sans dire que le nombre de visiteurs ne cesse d’augmenter au fil des années, mais les structures d’accueil ne suivent pas : lieux d’hébergement tels que les hôtels, les maisons d’hôtes et autres. Les habitués du moussem continuent de dresser des tentes de fortune, une minorité loue chez l’habitant. Les autres font le va-et-vient durant la durée de la tenue du moussem, une durée considérée relativement longue par rapport à d’autres moussems. Ce qui nécessite une grande mobilisation et vigilance de la part des forces de l’ordre (corps de la gendarmerie royale et forces auxiliaires) et autorités provinciale et locale.
Le moussem comme tradition tient lieu en fin de chaque saison agricole pour constituer une période de repos pour les agriculteurs de la région, et fêter par la
même occasion, les bonnes récoltes. Or après une longue période de sècheresse, la donne a changé.
C’est aussi une opportunité pour les commerçants d’espérer rattraper le manque à gagner dû à l’augmentation du coût de la vie. Car les visiteurs, toutes
catégories confondues, achètent et consomment plus que d’habitude. Côté animation et loisirs, la fantasia et les soirées nocturnes de « Chikhates »
demeurent l’activité attrayante du moussem. La forte présence de la chanson populaire crée chaque année une polémique pour un moussem qui se veut un
évènement à caractère religieux.
Comme dans le passé, les chikhates étaient toujours présentes au moussem mais ce qui changé c’est leur « manière » d’opérer : la dance qui effleure l’immoral.
Des voix appellent à ce que le moussem devrait être revu et « corrigé » dans certains de ses aspects, en l’occurrence :
La durée de sa tenue en le revoyant à la baisse.
Interdiction de dresser des tentes par les visiteurs vu l’impossibilité de les
sécuriser et par la même occasion empêcher certaines pratiques liées aux mœurs
(prostitution, pédophilie, usage d’alcool et de drogue…). Exception faite aux
troupes de cavaliers de la fantasia officiellement invitées au Moussem.
L’interdiction devrait toucher également toute personne mineure non
accompagnée.
On se rappelle avec beaucoup de tristesse et d’amertume le garçon âgé de treize
ans victime d’un viol collectif. Un acte barbare dont les informations ont fait le
tour de la planète via les réseaux sociaux.
Certains visiteurs se sont plaints de l’absence de l’art populaire de la « Halqa »,
où un conteur ou humouriste se place au milieu de spectateurs sous une forme
circulaire dans une ambiance de rire, un théâtre à ciel ouvert.
On se rappelle avec beaucoup de nostalgie de certaines stars de ce « patrimoine
immatériel » dont notamment le doyen des humouristes populaires Doukkalis
feu Haj Tahar alias « Zaâtoute », « Oueld Karred », « Khliyfa », le duo
« Saroukh et Naâiniâa, Lghazi…
Il faudrait aussi signaler la forte présence des « rings de boxe » prenant la forme des « Halqas » venant chaque année du mystique quartier Hay Mohammadi à
Casablanca. Ces tenants de Halqas commençaient à opérer bien avant la date officielle de la tenue du Moussem. Ils prenaient place adossée aux remparts en
face de l’actuel siège de la commune et celui de l’autorité locale. L’espace du moussem était sécurisé par la petite garde des forces axillaires
rattachée au Caidat et le renfort n’avait lieu qu’avec l’approche de la date officielle.
Il faudrait rappeler au passage que la durée du moussem n’excédait pas huit jours ; du vendredi au vendredi d’après.
Il convient aussi de mettre en exergue des activités culturelles pour la mise en valeur du patrimoine matériel et immatériel ainsi que la mémoire de la région ô
combien riche et diversifiée. C’est aussi une opportunité de primer les meilleurs élèves des deux sexes ayant
obtenu de bons résultats au cours de l’année scolaire qui s’achève.
En fin une attention particulière devrait être accordée aux femmes et jeunes entrepreneurs de la région ayant réussi dans leurs affaires respectives par l’octroi
de subventions en vue de booster l’entrepreunariat.
A bon entendeur
Brahim EL KALII
Acteur associatif

















