Maïlys Audouze en repérage pour « Génia de la nuit »
Dans le cadre de la préparation prochaine de son film documentaire « Génia de la nuit », la jeune réalisatrice française, Maïlys Audouze, originaire d’une ancienne famille mazaganaise, a passé une quinzaine de jours à El Jadida. Elle a effectué des repérages de lieux où a travaillé et vécu sa grand-mère la célèbre doctoresse Eugénie Delanoë de 1913 à 1951, celle qui avait supervisé la construction du premier hôpital de cette ville.
En effet, Maïlys Audouze est l’arrière-arrière petite-fille de la doctoresse Eugénie Delanoë bien connue à El Jadida et dont une rue porte le nom. Maïlys Audouze, née à Paris en 1990, lauréate de l’Ecole de cinéma, est la petite-fille de Jean-Yves Delanoë, lui-même fils du Dr Guy Delanoë président de Conscience Française au temps du Protectorat, association de libéraux français ayant soutenu l’indépendance du Maroc.
Munie d’une attestation des « Films de Force Majeure » sis à Marseille, la jeune réalisatrice a effectué une série de visites à presque tous les lieux qu’a connus son aïeule en l’occurrence : l’hôpital régional sur la rue Pasteur, l’ancienne villa de la famille dans le bâtiment occupé plus tard par l’école primaire l’Ange bleu, le théâtre municipal où la doctoresse donnait des conférences, l’ancienne école du marché où elle faisait les visites médicales pour les élèves, l’hôtel de France où la doctoresse a séjourné en arrivant en 1913, la place Moulay Hassan près de sid-Daoui où logeait le couple Delanoë à ses débuts, la route dite de l’aérodrome où le couple faisait sa marche hebdomadaire, et le cimetière chrétien où sont ensevelis les sépultures des membres de la famille Delanoë.
Outre la recherche de la documentation nécessaire et les écrits de ou sur sa grand-mère la doctoresse Eugénie Delanoë, Maïlys Audouze compte enrichir son documentaire par une dimension humaine sous la forme d’interviews avec des personnes, hommes et femmes, qui, éventuellement, avaient approché la défunte ou connu l’hôpital régional dans les années 1930 et 40.
La touche de l’artiste se révèle déjà dans le titre du projet de documentaire « Génia de la nuit » en référence directe à la doctoresse Eugénie Delanoë, ou la Toubiba selon l’appellation marocaine. Cette femme combattante et libre-penseuse a aidé à apporter soins, réconfort, et soutien à la population d’El Jadida au tout début de l’établissement du Protectorat alors que le service sanitaire venait à peine de naître.
Maïlys Audouze n’est pas à son premier documentaire, elle a déjà réalisé « Le Saint des voyous » en 2016, film de fin d’études. La réalisatrice, est détentrice d’une licence et un master 1 en réalisation au département SATIS (Science, Art et Technique de l’Image et du Son) d’Aix-Marseille Université, ainsi qu’un master 2 Documentaire de création.
Légende photo : Mustapha Jmahri avec la réalisatrice Maïlys Audouze et son grand-père Jean-Yves Delanoë à El Jadida le 13 septembre 2019

















