Published On: ven, Nov 25th, 2016

Le bon voisinage d’antan

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antan On se rappelle avec beaucoup de nostalgie du bon voisinage d’une certaine époque au Maroc notamment dans les quartiers dits populaires où les gens choisissaient le voisin avant de choisir la demeure.

On partageait entre voisins pratiquement TOUT : le bonheur (fêtes, succès scolaires des enfants…) et aussi les malheurs (maladie, décès….) même au sein d’une communauté composée d’une population de confessions musulmane et juive (le cas de la cité portugaise à Al Jadida au temps du protectorat et durant les années 1960).

On se souciait des enfants des voisins comme on se souciait de ses propres enfants.

A l’occasion de chaque rentrée scolaire, on consultait les voisins pour leur demander les manuels scolaires de leurs enfants, dont ils n’ont plus besoin puisqu’ils/elles passent au niveau supérieur, et les remettre à leurs enfants.

On s’adressait rarement aux librairies ou autres papeteries pour l’achat de manuels scolaires neufs.

De son côté, le ministère de tutelle ne pensait jamais à changer de manuels scolaires comme il est devenu très fréquent aux temps qui courent.

Quand on avait besoin d’une aide ou d’un soutien scolaire, on s’adressait à « Oueld derb » (traduire « fils » du quartier), ayant un niveau d’enseignement supérieur qui apportait généreusement et bénévolement son assistance, généralement dans la rue, car à l’époque on manquait de suffisamment d’espace chez soi pour pouvoir le faire à domicile.

Bien évidemment, on ne connaissait pas à l’époque le « virus » des heures supplémentaires imposées par certains enseignants malhonnêtes pour arrondir leurs fins ( et aussi faim) du mois. Un phénomène qui a pris de l’ampleur ces dernières années et que l’Etat a beaucoup de mal à combattre.

Quand un/une voisin/voisine décidait, c’était un malheur qui frappait tout le quartier. Tout le monde se mobilisait pour les funérailles allant jusqu’à se cotiser pour couvrir tous les frais afférents à cet évènement.

La coutume voulait que la famille du défunt/défunte n’ait pas à allumer le feu

(comprendre cuisiner) pendant trois jours de suite. C’était aux voisins de s’en charger pour nourrir les membres de cette famille et aussi s’occuper des gens qui venaient présenter leurs condoléances.

Une autre bonne pratique du voisinage de l’époque qui a presque disparu : en effet, les mamans du quartier avaient pris l’habitude d’allaiter d’une manière « croisée » leurs bébés pour en faire des frères et sœurs de lait.

Je termine avec une belle phrase en dialecte Marocain qui résume les bonnes pratiques de l’époque :

« نيني يا مومو الى ما طاب اعشانا يطيب اعشا جيرانا »

 

Signé : Brahim EL KALII, acteur associatif

 

 

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