Un pari pour Paris-Match
Par Mustapha Jmahri (écrivain) 
J’aime toujours lire, de temps en temps, l’hebdomadaire Paris-Match. Ce célèbre magazine français reflète la France dans son actualité avec des reportages de qualité agrémentés de belles photos. Le volet iconographique, d’ailleurs, est le point fort de ce magazine dont la devise est « Le poids des mots, le choc des photos ».
C’est en 1962 que j’ai eu entre les mains mon premier numéro de Paris-Match. J’avais une dizaine d’années et je ne pouvais pas encore lire convenablement le français. Mais ce numéro je l’avais déniché en fouillant dans un vieux « soundouk », un coffre en bois appartenant à mon père. Ce dernier l’avait récupéré chez son employeur français qui en était un lecteur assidu. Ce numéro datait d’un peu avant l’indépendance et montrait des photos de la tragédie d’Oued Zem en août 1955.
Deux ans plus tard, en 1964, en classe d’observation, Mme Jacqueline Chaput, notre professeure, au collège Chouaib Doukkali, chargée des enseignements en français, m’avait offert un autre numéro de ce magazine. C’était un jour, au lendemain de l’Aïd kébir, où, avec l’ami Mohammed Kamri, nous sommes allés rendre visite à notre professeur. Elle occupait un chalet au camp Kieffer près du siège actuel de la province d’El Jadida, ce camp qui n’est plus aujourd’hui qu’un terrain vide. Son mari, M. Chaput, était l’ingénieur municipal.
Notre professeure nous a reçus et nous a offert à boire, en précisant toutefois :
– Ce n’est pas du vin, c’est du sirop de grenadine.
A la fin de la visite, elle remit à Kamri un livre de mathématiques alors que pour moi, qui étais nul en math, ce fut un numéro de Paris-Match. J’étais très heureux car ce magazine contenait de belles photos en couleur.
Plus tard, dans mon métier de journaliste, j’ai pu visiter l’ancien siège de Paris-Match sur l’avenue des Champs Elysées. Je fus reçu par Dominique Eudes, qui fut chef de la rédaction de 1985 à 1998. Je l’ai interviewé et il m’a parlé de l’importance du rewriting dans le travail journalistique, tâche qui lui incombait.
Aujourd’hui encore, je ne suis toujours pas un lecteur assidu de ce magazine du fait de mes occupations qui m’obligent à la lecture d’autres supports mais, à l’occasion, surtout quand je suis en France, je tiens à lire Match qui me renseigne sur l’ambiance de la métropole et où je sens vibrer l’âme française.
jmahrim@yahoo.fr
















