Published On: lun, Juil 13th, 2015

LU POUR VOUS : DES ANIMAUX LEGENDAIRES

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PAR : Abdellatif Cherraf-_-

Ils n’ont peut-être jamais existé, mais leur célébrité est bien réelle…

Le cheval de Troie. Le piège du siège

Le Grec Homère évoque pour la première fois l’histoire de cet étalon dans L’Iliade, puis dans L’Odyssée. D’autres écrivains ont développé la narration.   Après avoir assiégé la cité de Troie pendant près de dix ans, les guerriers grecs font mine de rembarquer. Ils laissent un immense cheval de bois en offrande à leur protectrice Athena, déesse de la guerre (où chars et cavaliers jouent un grand rôle). Cassandre, la fille du roi troyen Priam, pressent un piège, mais on introduit malgré tout le destrier dans la ville. Pendant la nuit, Ulysse et ses compagnons en sortent, ouvrent les portes et permettent la destruction de la cité. Désormais, l’expression «  cheval de Troie » désigne un cadeau empoisonné et, plus de nous, un logiciel malveillant.

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La louve romaine. A double sens

Selon la légende, Rome a été fondée en 753 avant J.-C. par Romulus, frère jumeau de Remus. Fils de Mars (le dieu de la guerre), ils ont été, peu après leur naissance, abandonnés, puis recueillis et allaités par une louve (du latin lupa ). Dans l’Antiquité, l’animal nourrissant les deux enfants apparait donc sur les édifices publics et les pièces de monnaie. Au 1er siècle avant J.-C., l’historien Tite-Live donne cependant une autre explication. Ils auraient, en fait, été nourris par le berger Faustulus et sa femme laurentia. « Selon-certains », précise l’auteur latin, celle-ci était surnommée « la louve » (c’est-à-dire la prostituée). C’est l’origine du mot «  lupanar », désignant en latin un lieu de débauche et repris en français par Rabelais en 1532.                                                                                                                                                                                                                                                                           ************

L’âne de Buridan, Une tragique indécision

Originaire de Béthune, jean Buridan, commentateur d’Aristote, a enseigné la philosophie à l’université de Paris dans la première moitié du XIVème siècle. On lui attribue un paradoxe pourtant absent de son œuvre écrite. Placé à égale distance d’un picotin d’avoine et un seau d’eau, un âne affamé et assoiffé serait tout à fait incapable de choisir par quel besoin vital commencer ; il se laisserait alors mourir de faim et de soif. Mais ce sophisme est une pure ânerie ! L’anecdote a, en fait, été colportée, bien plus tard, par des philosophes voulant tourner ses idées en dérision. Dans ses livres, Buridan attribue un esprit raisonnable aux animaux. Mais, pour ses détracteurs, un âne raisonnant se condamnerait à une mort…Depuis l’antiquité grec et romaine, l’équidé symbolise, en effet, la sottise et l’obstination. L’expression « être comme l’âne de Buridan » est restée populaire. Elle signifie être incapable de prendre une décision.

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La colombe de Noé. Un symbole d’espoir

Dans la genèse (la première partie de la Bible), l’Eternel autorise le patriarche Noé à embarquer sur une arche avec sa famille et un couple de chaque espèce, afin d’échapper au déluge. Seuls deux animaux sont désignés par leur nom. Lâché au-dessus des flots par Noé pour repérer une terre, le corbeau ne revient pas. La colombe, elle, rentre sans avoir trouvé de lieu où se reposer. La seconde fois, elle rapporte un rameau d’olivier dans son bec, annonçant la décrue. Au troisième lâcher elle retrouve sa liberté. Depuis le noir corbeau est maudit. La blanche colombe représente l’espoir, la paix, et aussi, pour les chrétiens, le Saint esprit.

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La baleine de Jonas. Une histoire de foi :

Un petit livre de l’Ancien Testament narre les aventures du prophète Jonas. En hébreu, ce nom a le sens de colombe, mais aussi d’homme inconstant. Et pour cause…Dieu ordonne à cet homme de paix d’annoncer aux habitants de Ninive, en Mésopotamie qu’ils seront anéantis s’ils ne se repentent pas. Mais Jonas prend le large en Méditerranée. Pendant une tempête, il avoue aux marins qu’il tente de s’échapper à l’Eternel. Il est alors jeté en mer, puis englouti par « un gros poisson » (en fait une baleine, du latin balaena ). L’homme va prier sans relâche. Recraché, il accomplit sa mission. Jonas est sauvé, les Ninivites aussi, Dieu est satisfait. Enorme !

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Les oies du Capitole. Une vie de chien

En 390 avant J.-C., des tribus gauloises pillent Rome. Les soldats romains gagnent alors, dans l’enceinte du Capitole, un refuge bâti sur une colline abritant le trésor de la cité et le temple dédié à ses trois dieux protecteurs (Jupiter, Junon et Minerve). Afin de prendre la citadelle par surprise, en pleine nuit, les Celtes escaladent silencieusement un rocher adossé au mur. Les chiens du Capitole dorment profondément. Mais les oies sacrées, destinées à être sacrifiées à Junon, donnent l’alerte en cacardant à tout va. Réveillés, les assiégés évitent la mise à sac de la forteresse en combattant vaillamment. Après la victoire romaine, aucune oie ne fut plus sacrifiée, ni aucune de leurs descendantes pendant plusieurs siècles ! En revanche, les chiens ont longtemps été méprisés à Rome.   

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Le cochon de saint Antoine. Un bon plan média

Né en Egypte en 251, Antoine le Grand distribue toute sa fortune aux pauvres, se retire dans le désert et crée un ermitage. Selon ses biographes, celui qui est fêté sous le nom de saint Antoine résiste victorieusement aux tentations de la chair et aux attaques des bêtes sauvages                               (notamment des sangliers envoyés par Satan), considéré comme le fondateur de la vie monastique, il est vénéré pendant tout le Moyen Age. Au XIème siècle, ses reliques sont transférées de Constantinople vers Saint-Antoine-L’Abbaye. Ce village de L’Isère devient vite un lieu de pèlerinage. L’ordre hospitalier des Antonins propage alors l’emblème du saint accompagné d’un cochon paisible partageant ses repas. Les moines y ont tout intérêt. Ils ont, en effet, obtenu du pape le privilège de faire divaguer leurs porcs-source substantielle de revenus-un peu partout en Europe. L’animal ayant mauvaise presse (goinfre, colérique, sale, lubrique), il fallait donc lui forger une image positive ! Un plan média réussi.

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Le mouton de Panurge il aime suivre le troupeau

Dans le Quart livre des faits et dits héroÏques du bon Pantagruel, publié en 1552 par François Rabelais, le géant pour consulter l’oracle de la Dive Bouteille situé…de l’autre côté de l’eau. Dans l’équipée figure son camarade Panurge (« celui qui sait tout faire », en grec), voleur, menteur et grand amateur de farces et attrapes. Le marchand Dindenault lui vante la qualité de ses moutons : ils ont fourni la toison d’or de Jason, leur peau permet de confectionner les plus beaux maroquins, leur chair délicate est servie à la table des rois… Plein de mépris pour son client, l’insulte à la bouche, il consent à lui vendre un pour trois livres tournois-une somme exagérée. Pour se venger, Panurge achète un mouton-le chef, la plus belle bête-puis le jette à l’eau «  criant et bêlant ». Aussitôt, le troupeau saute à la file dans la mer ! Tous se sont noyés, au grand dam du propriétaire du troupeau. L’expression « mouton de Panurge » qualifie ainsi une personne agissant comme ses voisins, sans réfléchir.                                                                                                   Jean-Paul Roig

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