FARCES ELECTORALES
Par: Ahmed BENHIMA-_-_
La télévision égyptienne a annoncé, aujourd’hui, les résultats des présidentielles. Le peuple, et avec lui le monde entier, attendait qui du diable ou de l’ange allait emporter ces élections. Enfin, la délivrance arriva. Que c’était serré ! Avec 3% d’opposants, le risque persistait. Mais Dieu est grand. La chance a souri aux pharaons puisque c’est Sissi qui a gagné et l’euphorie s’est immédiatement propagée. La foule est apparue en liesse. Celle-là même qui a célébré, dans le délire, la victoire de Morsi et auparavant les victoires répétées de Moubarak. Mais si mes souvenirs sont bons, c’est cette même foule qui a jubilé quand Morsi a tombé Moubarak et c’est encore elle qui a exulté quand le troupier a détrôné le frère musulman. L’alternance de l’amour et de la haine pour une même personne, pour un même chef, indépendamment du motif de son arrivée ou de son départ ne pose apparemment de problèmes qu’à ma petite cervelle encombrée par un enseignement et des principes caduques. Pour comprendre cette instabilité sentimentale, ces retournements d’opinions, ce n’est pas aux communs qu’il faut s’adresser. Il faut consulter des savants, des experts, tel ce notable dont ma mémoire s’est vite débarrassée du nom, qui aurait légué un traité sur le savoir intégral des effets de la matraque et qui s’intitulerait الإحاطة بعلم الزرواطة. Mais ne me dites, surtout pas que cette fureur et cette allégresse ne sont que de l’illusion, de la débilité ou de l’hypocrisie puisque j’ai vu, de mes propres yeux, des agglomérations entières s’attrouper dans les rues ou sur les places publiques, autant pour acclamer que pour huer un chef et avec une telle intensité qu’un écran plat, grand format, toutes options comprises était ébranlé. Il lui était difficile de contenir tant d’émotions.
Dans la même région, un autre peuple s’apprête à fêter, si la chance lui sourit, un évènement surréaliste. La victoire de son tortionnaire. Mais s’il est vrai qu’on ne peut pas prédire l’avenir on peut tout de même, chez nous, le pressentir. Cette fois, c’est le peuple syrien qui découvrira le nom du président que la démocratie lui apportera. Pourvu que ce soit Bachar car qui d’autre que lui libérera le Golan ? Qui d’autre que lui triomphera de tout ce qui vit ou ressemble à la vie, tient debout sur le sol syrien depuis que la Syrie existe ? Qui d’autre que lui fera briller ce pays de mille éclats ? Pour toutes ces raisons et pour d’autres que mon entendement réduit ne permet pas de comprendre, le peuple syrien, avec un peu de chance, se jettera dans les rues pour hurler l’émotion qui jaillira de ses entrailles.
Email: ahmedbenhima@yahoo.com

















PS. Officiellement, le voeu des syriens est exaucé. Bachar est élu avec un score modeste de seulement 88%.Au prochain mandat, il atteindra ou approchera le 100% espéré.