Journée du littoral méditerranéen 2025 : reconstruire et notre littoral, une urgence collective
Institutions, entreprises et citoyens doivent agir ensemble dès maintenant pour planifier, protéger et renforcer la résilience du littoral méditerranéenOrganisée par le Centre d’activités régionales du Programme d’actions prioritaires (CAR/PAP) dans le cadre du PNUE/PAM et de la Convention de Barcelone, la journée du littoral méditerranéen met en lumière les défis urgents auxquels sont confrontées nos littoraux et revient ce 25 septembre avec un appel à l’action fort.
Le thème de cette année, « Inspiring Impact: Mediterranean Institutions for Coastal Resilience », souligne la nécessité urgente pour les institutions et les citoyens de travailler main dans la main afin de préserver l’une des régions les plus vulnérables de la planète. Le changement climatique touche la Méditerranée 20% plus rapidement que la moyenne mondiale : instaurer la confiance, partager les connaissances et agir ensemble ne sont désormais plus des options facultatives, mais des impératifs pour préserver nos littoraux et les 150 millions de personnes qui en dépendent.
Des vies et des rivages en danger
La côte méditerranéenne est confrontée à des pressions sans précédent qui menacent les moyens de subsistance, les modes de vie et les écosystèmes.
L’urbanisation rapide et le tourisme de masse dégradent les environnements côtiers fragiles.
La pollution, la surexploitation des ressources et la perte d’habitats compromettent la biodiversité.
Les effets du changement climatique, qui sont 20 % plus rapides en Méditerranée que la moyenne mondiale, amplifient toutes ces menaces.
Le rapport Med 2050 du Plan Bleu du PNUE/PAM prévient que « sauf bifurcations majeures, la Méditerranée sera d’ici à 2050 dans une situation bien plus alarmante qu’aujourd’hui, avec une transformation majeure de l’ensemble de l’écosystème marin et une dégradation générale des conditions écologiques nécessaires à la viabilité de tous ses territoires », notamment :
au-dessus des moyennes préindustrielles
- +40 cm d’élévation du niveau de la mer
- – 20% de déclin des espèces marines exploitées
- – 17% de baisse des rendements agricoles
- De grave pénuries d’eau touchant la quasi-totalité du bassin
La population régionale augmentera de 20 à 30%, pour atteindre jusqu’à 690 millions d’habitants, et la population côtière est susceptible d’augmenter en raison des sécheresses à l’intérieur des terres et des migrations climatiques vers les villes côtières.
De Beyrouth à Gibraltar, les citoyens ressentent déjà les effets de ces changements. Au cours des 12 derniers mois, les phénomènes météorologiques extrêmes se sont multipliés en Méditerranée, dont notamment la DANA (Depresión Aislada en Niveles Altos[1]) à Valence, en Espagne, qui a fait plus de 220 morts en novembre dernier, les graves inondations à Venise en février, les vagues de chaleur sans précédent qui ont frappé la région tout au long de l’été et l’accélération des phénomènes d’érosion observés récemment en Tunisie.
Sans une action urgente et un soutien institutionnel fiable, les citoyens ne peuvent pas se protéger efficacement, ni protéger leurs maisons ou leurs moyens de subsistance.
La Méditerranée est à la pointe de la résilience côtière
Malgré ces défis, la Méditerranée est également pionnière en matière de solutions. En appliquant la gestion intégrée des zones côtières (GIZC) et la planification de l’espace maritime (PEM), les pays méditerranéens montrent comment l’action locale peut relever les défis mondiaux tout en garantissant un développement durable. La solution consiste à dépasser les problèmes isolés et à adopter une approche fondée sur les écosystèmes, qui relie la terre et la mer, la science et la politique, les institutions et les citoyens. En effet, les côtes sont des systèmes dynamiques qui nécessitent une planification coordonnée, équitable et durable.
La région bénéficie également d’un cadre juridique solide : en 2008, les 21 pays méditerranéens et l’UE ont adopté, dans le cadre de la Convention de Barcelone, le premier protocole au monde sur la GIZC. Cet engagement historique garantit que le développement économique, social et culturel va de pair avec la protection des paysages, des écosystèmes et des populations.
Les citoyens et les institutions, moteurs du changement
Cette journée du littoral méditerranéen met en lumière les institutions, les citoyens et les organisations qui transforment les politiques en actions concrètes, allant de la restauration de la nature au renforcement des communautés. Malgré des défis parfois difficiles, la collaboration et la détermination donnent des résultats concrets dans l’une des régions les plus vulnérables du monde. Découvrez ci-dessous une sélection des moments forts et plongez-vous dans la collection complète d’histoires provenant d’Algérie, de Croatie, de Chypre, de France, de Grèce, d’Italie, du Liban, du Monténégro, du Maroc, de Slovénie, d’Espagne, de Syrie, de Tunisie et de Türkiye, ainsi que d’institutions régionales, grâce à notre carte interactive.
CAR/PAP – Un impact inspirant à travers la Méditerranée
Depuis près de 50 ans, le PAP/RAC est à l’avant-garde de la protection de l’un des littoraux les plus menacés mais aussi les plus vitaux au monde. Des programmes pionniers d’aménagement côtier (PAC) à la restauration des zones humides et au développement d’outils de pointe, le centre, basé à Split met en œuvre le Protocole de gestion intégrée des zones côtières (GIZC) et la planification de l’espace maritime (PEM), aidant les pays à trouver un équilibre entre les besoins terrestres et maritimes, humains et politiques. Avec 21 PAC et une expérience reconnue dans le rapprochement des gouvernements, des scientifiques et des communautés, le CAR/PAP montre comment des institutions solides peuvent transformer des défis communs en un avenir résilient pour la Méditerranée.
Slovénie – Un littoral modeste à l’impact considérable
Avec seulement 46 km de côtes, la Slovénie est pionnière dans l’application du Protocole GIZC et transforme une planification visionnaire en actions concrètes : elle a restauré des zones humides, transformé la route côtière en parc public et construit des corridors bleus et verts qui reconnectent les populations et la nature. La Slovénie prouve que même les plus petits littoraux peuvent montrer la voie.
Afrique du Nord – Petites subventions, grands changements
Dans toute l’Afrique du Nord, l’initiative Mubadarat de l’UICN Med prouve que les solutions locales fonctionnent. De la protection des tortues marines menacées dans le Sinaï à la relance de la pêche traditionnelle en Tunisie et à la restauration des zones humides en Libye, les organisations locales mènent des actions audacieuses en faveur du climat. Avec les bons outils, les connaissances des communautés deviennent une source de résilience côtière.
Grèce – Transformer les citoyens en leaders climatiques
À Chios, en Grèce, HELMEPA a bouleversé la communication sur le climat : au lieu de parler aux gens, elle les a d’abord écoutés. Le résultat ? 5 500 ambassadeurs du climat qui insufflent la durabilité dans leurs vies quotidiennes, des écoles aux marchés en passant par les festivals et les plages. En rassemblant un demi-million de bénévoles lors de ses opérations de nettoyage, HELMEPA montre comment l’action communautaire peut transformer les littoraux.
Italie – Réinventer la relation ville-mer
En Italie, Gênes redessine son avenir grâce à Genova 2050, une stratégie de résilience phare qui s’attaque de front à la montée des eaux, aux inondations et à la pression urbaine. Des projets tels que RegenerAction reconnectent la ville à son littoral, tandis qu’un corridor côtier sans carbone et de nouvelles solutions basées sur la nature remodèlent les espaces publics. Gênes montre à la Méditerranée comment les villes peuvent prospérer en travaillant avec la mer, et non contre elle |