Doukkala-Abda: les subventions aux agriculteurs ne cessent d’augmenter
Par : Mohamed RAMDANI-_-_
Les agriculteurs investissent de plus en plus afin de développer leurs exploitations agricoles, et ce depuis l’instauration du guichet unique au niveau de la Direction régionale de l’agriculture (DRA) des Doukkala-Abda. Ce guichet est mis en place pour l’octroi d’aides financières aux agriculteurs dans le cadre du Fonds de développement agricole (FDA). «Le nombre de dossiers traités, ainsi que le montant des aides accordées, n’a cessé d’augmenter», selon la DRA des Doukkala-Abda. Le rapprochement des guichets aux agriculteurs comme interlocuteurs uniques a pour principal but d’encourager ces derniers à investir davantage dans l’agriculture et à moderniser leurs exploitations afin d’atteindre les objectifs du Plan Maroc vert. Les procédures sont facilitées et les durées de traitement des dossiers de subventions sont réduites au maximum. Ainsi, plus de 12.919 dossiers ont été traités en 2013, affichant une hausse de plus de 700% par rapport à 2008, année de la mise en place du guichet unique. Le montant des subventions a atteint 211 MDH durant l’année dernière, soit une augmentation de 200%. La tendance est en forte hausse puisque 6.600 dossiers seulement ont été traités au cours de l’année 2012. Ainsi, le nombre de dossiers traités au cours des six dernières années est de 22.021 dossiers pour un montant de subventions total de 995 MDH. Le montant des investissements induits par l’octroi des aides financières accordées aux agriculteurs a dépassé les 2,5 MMDH, soit un taux de participation de l’État dans l’investissement privé d’environ 40%. Les rubriques d’investissement se rapportant aux aides de l’État concernent les équipements des exploitations en matériels agricoles (44%), les aménagements hydro-agricoles (41%), l’intensification de la production animale (14%) et les arbres fruitiers (1%). De nouvelles subventions de l’État on été introduites à partir de la campagne agricole 2013/2014, à savoir la promotion et la diversification des exportations des produits agricoles, les équipements agricoles et l’encouragement à l’utilisation de l’énergie solaire dans les projets d’économie d’eau d’irrigation. En plus des aides financières accordées aux agriculteurs, la DRA Doukkala-Abda pend aussi part à un autre projet de développement afin d’améliorer leurs cultures et élevages. Ainsi, le projet de sauvegarde de la zone Chtouka consiste en la réalisation d’un aménagement hydro-agricole dans le cadre d’un partenariat-public-privé de la zone côtière s’étendant entre Azemmour et Bir Jdid sur une superficie de 3.200 ha et touchant 600 agriculteurs répartis en deux communes rurales relevant de la province d’El Jadida. Ce projet, lancé par le ministère, prévoit l’alimentation de cette zone à partir des eaux régularisées de l’oued Oum Erbiaa et la réalisation d’un réseau d’irrigation collectif. En matière d’infrastructures d’irrigation, il est prévu de réaliser une prise sur la rive droite de l’oued en amont du barrage de garde de Sidi Daoui, d’aménager un bassin de régulation et de construire une galerie souterraine de 240 m, une station de pompage d’un débit total de 1,3m3/s ainsi qu’une conduite de refoulement, un réseau de distribution sur près de 160 km en plus des ouvrages et des organes annexes. L’objectif est de faire adopter aux agriculteurs de la zone Chtouka le mode d’irrigation localisée pour l’ensemble des exploitations agricoles. Aussi, et dans le but d’alléger les contraintes liées au coût d’investissement initial qui s’élève à 366 MDH, ce projet sera réalisé avec la participation de l’État à hauteur de 88%, alors que la participation du délégataire est arrêtée à 12%. Pour leur part, les agriculteurs ont exprimé leur grand attachement au projet à travers des engagements d’adhésion. Selon le calendrier de réalisation du projet, le lancement des souscriptions auprès des agriculteurs est prévu pour cette année agricole, tandis que le lancement des travaux est prévu pour début 2015. Selon le programme, la mise en exploitation du projet est attendue au cours de 2017.
Zone sinistrée
La nappe phréatique constituait la seule ressource en eau dans la région de Chtouka. La persistance des déficits pluviométriques n’a pas arrangé les choses. Cela a engendré une détérioration de la qualité de l’eau par l’intrusion du biseau salé et un rebattement continu de sa piézométrie d’environ 0,6m/an. Les superficies menacées sont localisées dans une bande côtière de 5 km de largeur et 30 km de longueur. Ce sont là autant d’éléments qui ont contribué à la baisse de l’activité agricole dans cette région. Cette dernière est actuellement marquée par la chute des superficies agricoles utiles et des productions de primeurs. La baisse de l’emploi est une des conséquences à cette situation. Des études ont été effectuées pour la réalisation du projet basé sur l’irrigation de la zone, déclarée «sinistrée» à partir de la rivière Oum Er-Rabia. Cette bande littorale était pourtant réputée zone-pilote de culture et d’exportation des primeurs durant les années 1970. Selon ces études, les ressources en eau supplémentaires requises pour la sauvegarde de cette région ont fait l’objet d’investigations menées conjointement par l’Administration du génie rural et la Direction générale de l’hydraulique. Le projet de la zone Chtouka permettra de dégager un volume d’eau additionnel de l’ordre de 12 millions m3/an à partir de l’oued
















